La médiation

Texte de référence adopté par le Collectif pour la Promotion de la Médiation

Notre société aux mutations accélérées génère passions et richesses mais aussi réduction de la pensée, chômage, isolement, angoisses et violences. Trop souvent chacun se trouve démuni face au conflit, et c’est le rapport de force qui s’impose finalement.

Qu’est-ce que la médiation ?
Quel que soit le contexte, la médiation est une démarche qui, par la fonction d’un tiers impartial, le médiateur, conduit à une approche plus claire des relations humaines. Elle repose sur le libre engagement des acteurs. Son cadre neutre et sa totale confidentialité favorisent l’expression des faits et des émotions. Elle instaure une nouvelle écoute et une meilleure compréhension de chacun.
La médiation ne tente pas de nier les différends ou les conflits. Elle prend en compte leurs sens et leurs effets. Elle permet aux acteurs de les anticiper, de les résoudre ou de les dépasser en restaurant la parole et le respect mutuel. Elle permet de trouver des solutions construites en commun, ce qui est un gage de durée.

…et le médiateur ?
• Le médiateur se réfère à une éthique de liberté et de responsabilité traduite dans un code de déontologie.
• Le médiateur a une expérience professionnelle et un parcours personnel de développement. Il a reçu une formation spécifique et entretient ses compétences.
• Il suscite chez les acteurs l’écoute mutuelle et la créativité nécessaires pour qu’ils fassent émerger la ou les solutions à la crise traversée.
• Le médiateur est neutre, impartial, et indépendant. Il est extérieur aux personnes et à la situation. Il se garde de tout jugement de valeurs et de tout a priori social, culturel, confessionnel, ethnique ou politique.
• Le médiateur est tenu à la confidentialité.

Les champs d’action de la médiation
Partout où des personnes et des groupes sont en rupture de communication, dans l’anticipation ou la résolution d’un différend, la médiation peut s’exercer : domaine familial, social, commercial, interculturel, scolaire, professionnel, patrimonial, économique, humanitaire, confessionnel, politique, environnemental …

Les effets de la médiation
La médiation permet la restauration de la dignité, reconnaît l’autonomie et l’engagement de chacun ; elle favorise ainsi la prise de conscience, la responsabilité, la capacité de chacun à faire ses choix. Elle permet de dépasser les simplifications abusives.
Dans les familles en crise, le monde scolaire confronté à des situations explosives, les entreprises sous tension, les villes face aux problèmes inhérents à notre société, elle prouve son efficacité par sa capacité à instaurer une véritable communication entre les personnes.
Par un processus de reconnaissance mutuelle et de co-construction elle contribue à l’apaisement et à l’évolution des relations.
Ainsi la médiation prouve qu’il est possible de dénouer des situations bloquées à tous les niveaux et dans tous les domaines, même les plus sensibles, de la vie quotidienne.

Un collectif pour la promotion de la Médiation

Un Collectif est né de la volonté des associations et des réseaux de médiateurs dont la liste figure ci-contre et détails ci-dessous, de faire connaître la médiation au plus grand nombre de personnes possible, grand public, utilisateurs potentiels ou prescripteurs naturels de la médiation par une campagne d’information menée simultanément aux niveaux national, régional et local.
Conscients de la nécessité de leur engagement dans la promotion de leur discipline mais confrontés à la difficulté d’agir seuls, ils se sont regroupés dès le mois d’avril 2005 pour travailler ensemble. Après avoir fait le constat commun qu’au-delà des nombreux colloques, rendez-vous à thèmes, conférences-débats dont l’intérêt est souligné et non remis en cause mais qui réunissent principalement des médiateurs ainsi que des personnes déjà sensibilisées ou initiées, une action de promotion se révélait nécessaire.
Un an de travail en commun a permis d’identifier la cible, de faire un tour d’horizon des différentes actions de promotion envisageables et de définir une action commune tenant compte des moyens de ce groupe informel : Le mois de la médiation qui a lieu en mai 2006

Ce collectif est ouvert au plus grand nombre de groupes de médiateurs, associations, réseaux, centres, chambres, syndicats, fédérations. Il leur suffit de se signaler par un commentaire à un article !

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Samedi 8 septembre 2007

Les points particuliers de la formation en médiation.
2.Approfondir ses compétences relationnelles

Aptitude intérieure à la distanciation, au respect et au non-jugement sur les personnes et leurs manières de faire.
Capacités relationnelles de disponibilité et civilité chaleureuses.
Capacités à gérer les tensions émotionnelles et/ou conflictuelles, à insuffler une dynamique entraînante de créativité, à animer une réunion.
Capacités à synthétiser – résumer – évaluer une situation
Aptitudes pédagogiques : présenter la médiation d’une manière claire et concise, expliciter des documents, faire des schémas…
Attraits pour créer des liens avec des partenaires, mener des recherches avec d’autres médiateurs, faire évoluer sa pratique, promouvoir une culture de médiation au sein de la société…etc.
3.Acquérir des outils de communication
S’inspirant de nombreuses techniques de communication, et selon les formations et ses intérêts, le futur médiateur apprendra à maîtriser l’écoute active et l’empathie, la reformulation, les techniques de questionnements, les synthèses, les méta communications…
4. Savoir rédiger des projets d’entente
Aider à rédiger ou rédiger un projet d’entente sous la direction des personnes concernées.

Conclusion
Enfin, on n’apprend pas à être médiateur une fois pour toutes, lors d’un parcours de formation, on continue à le devenir tout au long de sa pratique. Analyser ses pratiques avec d’autres médiateurs en groupes d’analyses de pratiques, s’entraîner en formation continue au cours de stages fait partie intégrante de la formation en médiation.
Et puis …Voilà qu’un état d’esprit de médiateur, très intérieur, commencera à faire son chemin en soi, celui qui ne sera jamais enseigné de l’extérieur …


Nicole Bernard. Médiation Aveyron - Médiatrice. Chargée de cours à la gestion des conflits et à la médiation pour de nombreuses institutions.

par Collectif publié dans : mediation
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Samedi 8 septembre 2007
 
Les points particuliers de la formation en médiation.
1. Développer les connaissances en communication systémique. Suivant les définitions ci-dessus, le médiateur doit être conscient de son positionnement particulier – voire paradoxal sur certains points - au sein du système de médiation. Quelques illustrations :
· Il risque l’interposition dans un espace relationnel fermé.
· Il se pose en tiers tout en ayant un avis en son for-intérieur sur la question, et des valeurs.
· Il demande la présence active de tous les acteurs et affirme que les acteurs peuvent toujours s’en échapper.
· Il prétend que la médiation est une réponse aux situations conflictuelles tout en indiquant que ce sont les acteurs qui sont capables eux-mêmes de trouver une issue à leur conflit.
· Il conduit un processus de communication sur les finalités duquel il n’a aucun pouvoir
· Il affirme une indépendance et une impartialité tout en faisant partie d’un système de communication qui l’influence au même titre que tous les autres acteurs.
· Il inscrit dans la médiation une logique de fonctionnement tout en affirmant que chacun est libre de quitter cette logique qui fonctionne pourtant comme principe homéostatique du système.
· Il rend nécessaire un ordre qui doit accueillir le désordre : foisonnement des perceptions, des vécus, des émotions, des idées… Combinant l’ordre et le désordre.
· Il s’institue, parfois au nom d’une institution, à la neutralité …etc.
Toutes ces questions, si particulières à la médiation, seront abordées en formation, par exemple savoir :
Construire les premiers contextes interactionnels qui vont faire que la médiation va comporter l’adhésion des acteurs s’y rendant
Conduire et articuler les phases de la médiation, processus qui vont amener tous les acteurs, médiateur(s) compris, à la « compréhension » du système relationnel conflictuel puis à la « sortie » de crise.
Repérer les « jeux » d’acteurs dans le système relationnel : alliances avec le médiateur, contraintes du médiateur, exclusion du médiateur, induction des acteurs à l’opposition ou à la réconciliation…
Discerner les paradoxes qui agissent dans le système à l’insu des acteurs et dans quelles zones d’incertitudes. Schématiser les communications récurrentes…etc.
Nicole Bernard - Médiation Aveyron. Article paru dans NVA Juillet Août 07
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Samedi 8 septembre 2007

Les formations à la médiation se sont déployées en France depuis maintenant une bonne vingtaine d’années.
Depuis les formations en médiation familiale importées d’outre-Atlantique, en parallèle à celles proposées par un courant de médiation généraliste « à la française » dans quelques instituts privés à l’époque, nous nous trouvons à présent devant une diversité de niveaux, de cursus, de durée et d’organisation.
Ainsi il est possible de se former à la pratique de la médiation au sein des Universités (DU, Master), du Conservatoire National des Arts et Métiers (Certificat de compétences « Pratiques de la médiation »), des Instituts de formation agréés par les DRASS (Diplôme d’Etat de médiateur familial). De nombreux organismes privés ou publics de formation, agréés à la formation professionnelle, s’attachent également à répondre aux demandes de nombreuses institutions et associations.
De la simple sensibilisation, à la formation, au perfectionnement de médiateurs déjà en poste, l’objectif affirmé est de travailler à transformer durablement le climat social.
Toutes ces formations délivrent des connaissances théoriques sur la médiation. Elles associent les disciplines juridiques et psychologiques à des réflexions sur les besoins de la société et des individus en matière de médiation. Leur pédagogie peut, selon, donner une part plus ou moins grande à la réflexion théorique et conceptuelle, alternant avec des expérimentations sous forme d’exercices de communication et de mises en situation à partir de conflits d’actualité relatés dans la presse ou préparés à partir de situations réelles.


Nicole Bernard - Médiation Aveyron. Article paru dans NVA Juillet Août 07

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Samedi 8 septembre 2007

Même si une des tentations est de « se dire tous médiateurs », exercer la fonction de médiateur ne peut absolument pas s’improviser avec la seule bonne volonté et seulement quelques compétences relationnelles.

Le médiateur n’est pas un  conciliateur, ni un négociateur, encore moins un juge qui de sa place influence et suggère les solutions, invite et incite à la  réconciliation. Si ces modes de résolution des conflits sont tout à fait utiles, demandant des compétences certaines, celles-ci seront insuffisantes dès que l’on se trouvera en position de médiateur. Le médiateur est mobilisé à un savoir-faire et savoir être tout à fait particuliers et uniques.

Que l’objectif de la formation soit d’acquérir une compétence reconnue, une activité professionnelle à part entière, ou un enrichissement des pratiques professionnelles existantes,  la formation des médiateurs représente un enjeu d’importance : il s’agit de mettre sur le terrain social dans sa globalité des professionnels réellement compétents, porteurs d’une nouvelle pratique sociale de responsabilité centrés sur le lien et ce dans une pédagogie de la relation.

Quelles sont donc les compétences nécessaires au médiateur qu’il acquerra au cours de la formation ?

 La première expertise du médiateur est celle de la communication, avec soi-même – gestion et maîtrise de ses émotions, capacité à la distanciation – avec les autres, et ce dans un espace tendu ou conflictuel chargé en affects.

S’il est important au médiateur d’appréhender l’environnement dans lequel il agit par des connaissances en psychologie, en sociologie, en droit, et sur les organisations dans lesquelles il agit (familles, quartiers, entreprises…) il doit se rappeler qu’il ne sera jamais « l’expert » de quelque discipline que ce soit et qu’à ce titre il sera prudent dans ses apports et commentaires.

Aussi toutes les formations mettent-elles l’accent sur plusieurs points particuliers.

Nicole Bernard - Médiation Aveyron. Article paru dans NVA Juillet Août 07

par Collectif publié dans : mediation
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Membres Collectif

AMICA (Association des médiateurs indépendants auprès de la cour d'appel de Grenoble),  AMIRA voir RME (Association de médiateurs indépendants Rhône Alpes), AMRA (Association pour la médiation dans les rapports entre associés) , ANM (Association nationale des médiateurs), CERAF (Paris XVIII), CIMA (Centre interprofessionnel de Médiation et d'Arbitrage ), La CIME médiation, FMCML (Fédération des médiateurs et chargés de missions libéraux ), CNPM (Chambre nationale des praticiens de la médiation),  MEDIACTION (communication - conflit- médiation),  Médiation Aveyron,  Médiations plurielles, Médiation Studio, Mmédiation, Reflets Médiation (Nantes, membre de "Espace médiation" réseau en cours de constitution dans l'Ouest), PEM (parents-enfants-médiation) , RMA IdF (Réseau des médiateurs associés d'Ile de France), RMA Méditerranée (Réseau des médiations associées Méditerranée), RME (Réseau des médiateurs en entreprise) 

Coordonnées : voir article "Adresses à votre service"

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