Le « syndrome » de la petite cuillère*

Publié le par Pascal de Normandie

A propos de médiation “patrimoniale” :

Avant d’intervenir comme simple conseil ou médiateur dans le cadre de successions, indivisions ou partages, je me demandais pourquoi les héritiers qui étaient… enfin ! parvenus à un consensus sur la répartition de leur patrimoine, pour le moins, dans ses grandes masses, s’étripaient de nouveau à propos des dernières petites cuillères elles-même orphelines ou des objets poussiéreux, sans aucune valeur, retrouvés in fine dans les placards de leurs grand-mères.

Après avoir mené plusieurs missions dans ce domaine, je pense avoir saisi maintenant un élément de réponse. C’est, croient certains, leur dernière chance de régler leurs comptes, car quant tout sera soldé, ils n’auront plus l’occasion d’en découdre entre eux pour purger les vieilles querelles le plus souvent sans réelle gravité mais toujours mal digérées et dont certaines peuvent remonter à leur plus tendre enfance.

On a alors l’impression d’un combat d’arrière- garde dommageable autant pour celui ou ceux qui refusent de donner leur signature au notaire que pour l’ensemble de leurs proches. Sans doute est-ce une manifestation du syndrome dit « des petites cuillères »* énoncé ci-dessus et décrit ci-après, les vraies raisons de leurs difficultés à terminer un combat totalement irrationnel, se trouvant ailleurs. Mais il est vrai que dans la plupart de ces cas, la « guerre » officiellement déclarée à l’ouverture du testament – qu’il soit réel ou virtuel - couvait déjà depuis de nombreuses années. »

Le refus de donner sa griffe** sur un document destiné à sceller définitivement le partage apparaît comme un ultime chantage destiné à punir « les méchants » (toujours « les autres », pense-t-on, parmi frères, sœurs, parent rescapé, cousins…) ou à faire reconnaître sa colère, ses déceptions voire les trahisons dont on a été ou dont on croit avoir fait l’objet. »

Et certains héritiers, même s’ils réalisent « qu’ils se tirent une balle dans le pied » et se pénalisent de la même façon, préféreront ne pas savoir ce que cela va leur coûter : « en amour comme en haine », on ne compte pas !

** (si j’ose dire, certains des héritiers ayant dans ces moments là « toutes leurs griffes dehors »)

Pascal Denormandie

Publié dans mediation

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Benoit Lemarié 31/05/2008 13:50

Bonjour,Serai-il possible de connaitre les coordonnées de Pascal Denormandie s'il vous plait?CordialementBenoit Lemarié Mob 06 85 83 88 49benlemarie@yahoo.com