La médiation chez FR3

Publié le par Le monde

Dans le mot "médiation", il y a "média". Soulignant avec enthousiasme que la télévision peut être "une arme absolue" dans le renforcement de sa mission, Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République , a scellé, mardi 12 septembre, avec Patrick de Carolis, président du groupe France Télévisions, un accord confirmant la participation de ses services à un nouveau magazine hebdomadaire de France 3, "On peut toujours s'entendre", dont le premier numéro sera diffusé samedi 16 septembre, à 12 h 50. Présenté par Laurence Bobillier, ce "magazine de la médiation" a pour objet d'informer les téléspectateurs, exemples à l'appui, des moyens de recours possibles, en dehors d'une démarche judiciaire, en cas de contentieux avec une administration publique ou privée, de même que de litige entre particuliers.

 M. de Carolis a affirmé que le projet de cette émission était cher à ses voeux, car il complétait tout spécialement la fonction de "service public" incombant à France Télévisions. Pour sa part, Geneviève Giard, directrice générale de France 3, a rappelé que cette chaîne est non seulement celle "de la proximité" mais encore celle "de la médiation".

 Laurence Bobillier a indiqué que les trois reportages de la première émission illustraient bien le propos d'ensemble et l'ambition du magazine : la recherche d'une indemnisation par la propriétaire d'une maison lézardée du fait d'un mouvement de terrain ; un problème d'orientation lors de la rentrée scolaire ; un grave différend entre un chef d'entreprise et l'un de ses collaborateurs, porté devant le médiateur de la République. Chaque reportage est suivi d'une discussion avec des experts.

 Visant, sans la nommer, l'émission de Julien Courbet sur TF1, "Sans aucun doute", la journaliste a déclaré qu'il n'était pas question de "se substituer aux institutions" et qu'il fallait "refuser l'illusion d'un tribunal médiatique". Elle a ajouté qu'il ne s'agissait pas de "régler des cas en direct" ("On peut toujours s'entendre" est enregistré quelques jours avant la diffusion) ni d'"opposer, polémiquer ou juger", mais de "montrer des pistes permettant de trouver des solutions à des conflits de la vie quotidienne", sans contribuer à l'encombrement de la justice.

 M. Delevoye a précisé en outre que la "médiature" avait aussi le pouvoir de proposer des réformes et que, à cette fin, l'influence d'une émission télévisée comme celle de France 3 pourrait aider à contrebalancer les pressions exercées par certains "lobbies", ceux, par exemple, des banques ou des assurances. Le médiateur a alors évoqué des propositions touchant au surendettement et aux systèmes d'assurance-vie, deux sujets qui devraient être abordés dans de prochains numéros de "On peut toujours s'entendre".

 Francis Cornu  Article paru dans l'édition du Monde du 14.09.06

 

 

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