LA MÉDIATION : vers une citoyenneté non-violente

Publié le par Collectif

COMMUNIQUE

Entendons-nous bien, nous ne rêvons pas d’une société  où, faute de compétences sociales suffisantes, nous devrions sous-traiter la  gestion de nos relations auprès de spécialistes en communication  relationnelle. Toute personne est normalement appelée à construire et à vivre  elle-même des relations harmonieuses, en toute autonomie et responsabilité.  Mais il faut bien reconnaître qu’au-delà des avancées technologiques sans fin,  la communication reste un exercice difficile. Comment se faire entendre ? Que  veut réellement l’autre ? Ne suis-je pas l’objet de manipulation ?… Chacun a  mille exemples où une mauvaise communication entraîne souffrances et  déchirements. Il y a quarante ans déjà, le psychologue Carl Rogers affirmait :  « Les jeunes abordent l'âge adulte sans avoir la moindre notion de ce que  peuvent être les interactions humaines et personnelles ; sans la moindre  expérience d'une communication interpersonnelle véritablement partagée. J'ai  souvent l'impression que notre système d'éducation vise avant tout à préparer  les individus à vivre isolés dans des cages. » (1)
 
Le besoin de  médiation a grandi dans l’univers de plus en plus complexe de nos sociétés  atomisées. Par sa posture de « tiers neutre et indépendant, sans autre pouvoir  que l’autorité que lui reconnaissent les partenaires qui l’auront choisi ou  librement reconnu » (2), le médiateur met sa compétence au service de la  construction et de la gestion de la vie sociale. Le respect et l’empathie dont  il fait preuve renforcent la confiance en soi, libére les énergies créatrices  et remet en capacité de nouer du lien ou de prendre en main la gestion de ses  conflits.
Le médiateur est un accoucheur. Il veille en permanence à une  bonne communication, sachant recréer du mouvement et de la compréhension  réciproque, là où il n’y avait plus qu’ignorance et mépris. Ce tiers est  devenu désormais une composante incontournable des multiples dispositifs de  consultation et de concertation dont notre société se dote. En France, comme  dans les autres pays européens, la médiation apparaît comme un possible  renouveau de l’engagement citoyen et l’un des piliers d’une révolution  démocratique.

(1) Carl Rogers, Réinventer le couple, Robert Laffont  1974.
(2) Michèle Guillaume-Hofnung, La Médiation, Que sais-je ? PUF  2007.

Avec des contributions de Michèle Guillaume-Hofnung,  Hervé Ott, Nicole Bernard, Jean-Pierre Durif-Varembont, Bernard Gaillard,  Claude de Doncker, Alain Roy, Stéphane Dervaux, Aureldi Morelba Pacheco, et la  Chronique de Jacques Salomé.


N°293, Juillet-août 2007, 5 euros. NON-VIOLENCE  ACTUALITÉ, BP 241, 45202 Montargis cedex Tél. 02 38 93 67 22. Fax. 02 38 93 74  72. nonviolence.actualite@wanadoo.fr      www.nonviolence-actualite.org
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 -   NVA lance une  campagne pour l’éducation à la gestion des relations et des conflits dès  l’école.

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